L’ECOUTE

L’ÉCOUTE

Parler de l’écoute, c’est avant tout parler de la parole de l’autre.

C’est aussi savoir se taire même si l’envie de réagir ou de répondre nous démange

L’écoute n’a de sens que si elle permet à l’autre de se raconter, de se livrer, de libérer sa souffrance

La parole libère

S’ENTRAIDER, S’ENTR’AIMER

Je n’ai pas de mode d’emploi face à une personne blessée.

Chacun est unique, chaque blessure est unique aussi. Mais étant moi-même un blessé qui ai la chance d’être accompagné, je peux simplement partager mon expérience.

Quand je suis amené à rencontrer quelqu’un de blessé dans sa mémoire, dans son corps, dans son coeur, je me force à l’écouter avec beaucoup d’attention. Je ne le coupe pas dans son récit sauf si je n’ai pas bien entendu une phrase, car un récit dérangé peut provoquer une fermeture. Je retiens tout ce qui peut être positif pour le souligner lorsqu’il me demandera mon avis. Souvent, en agissant ainsi, en étant tout écoute, les bouchons de blocage s’entrouvrent un petit peu. En acceptant d’accompagner l’autre avec beaucoup de délicatesse, je ne vais que jusqu’où il me permet d’aller, pas plus loin.

Quelqu’un de blessé, c’est comme un champ de mines. Il faut accepter son rythme. Un pas après l’autre.

Pour aider la personne blessée, il faut aussi accepter d’être aidé par elle. Si vous savez la remercier pour ce qu’elle vous apporte, elle pourra oser faire appel un jour à votre aide.

Aider, c’est souvent s’accompagner soi-même.

Aider les autres, c’est accompagner en acceptant de ne pas tout comprendre.”

Extrait de “Tagueurs d’espérance”, préfacé par Boris Cyrulnik